Règle 5, Produits naturels et médicament par présentation
- Marina DANTAS
- 27 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 janv.

Quand une plante, un complément ou une huile devient juridiquement un médicament
Cet article présente la vision et le cadre de travail développés par Kaninas.
Ils reflètent une approche professionnelle spécifique et ne constituent ni une norme officielle, ni un cadre universel applicable à toutes les pratiques.
Produits naturels et cadre juridique : une règle souvent mal comprise
La RÈGLE 5 est l’une des plus techniques, mais aussi l’une des plus piégeuses pour les professionnels du bien-être animal et de la naturopathie animale.
Elle repose sur un principe juridique fondamental :
👉 ce n’est pas la nature du produit qui détermine son statut légal, mais la manière dont il est présenté.
Un produit naturel peut devenir juridiquement un médicament, uniquement par le discours, la promesse ou l’association qui en est faite.
Principe juridique fondamental : le médicament par présentation
En droit français, comme en droit européen, un produit est qualifié de médicament par présentation lorsqu’il est :
présenté comme préventif d’une maladie ;
présenté comme curatif d’une maladie ;
associé à un symptôme, une pathologie ou un effet thérapeutique.
Peu importe qu’il s’agisse de :
plantes ;
compléments alimentaires ;
huiles ;
poudres ;
extraits ;
mélanges artisanaux.
👉 Le caractère naturel d’un produit n’exclut jamais sa qualification juridique comme médicament.

Les erreurs les plus fréquentes et juridiquement sanctionnables
Associer un produit à une maladie
Certaines formulations, même courantes, sont juridiquement à risque, par exemple :
« pour l’arthrose » ;
« contre les troubles digestifs » ;
« en cas d’anxiété pathologique » ;
« pour renforcer l’immunité face à une maladie ».
Même en l’absence de dosage, même sans promesse explicite,
👉 l’association directe à une maladie suffit à caractériser un médicament par présentation.
Employer un vocabulaire thérapeutique
Le choix des mots est déterminant sur le plan juridique.
Sont considérés comme dangereux :
les verbes soigner, traiter, prévenir, guérir ;
les préfixes ou termes comme anti-, pro-, régule, corrige, lorsqu’ils sont utilisés dans un contexte médical ;
toute référence à un mécanisme ou à un effet thérapeutique.
👉 Modifier la formulation ne suffit pas si l’intention thérapeutique reste perceptible.
Personnaliser un produit à visée de soin
La personnalisation devient juridiquement problématique lorsqu’elle :
répond à des symptômes précis ;
vise un effet curatif ou préventif ;
se substitue, même partiellement, à une prise en charge vétérinaire.
👉 La personnalisation thérapeutique constitue une prescription déguisée.
Ce qui reste autorisé dans le champ non médical
Les produits naturels peuvent être évoqués uniquement comme :
des éléments de bien-être global ;
des supports d’hygiène de vie ;
des compléments non thérapeutiques ;
des produits présentés conformément aux informations du fabricant ;
des éléments laissés au libre choix du gardien, sans incitation médicale.
La communication doit rester :
générale ;
informative ;
non personnalisée à des symptômes ;
sans promesse ;
sans référence à une pathologie.
La frontière clé entre information et prescription
La différence entre une information autorisée et une prescription interdite repose avant tout sur l’orientation du discours.
Informer consiste à présenter un produit de manière générale, à en décrire la nature ou la composition, à relayer les indications figurant sur l’étiquette du fabricant, et à laisser le choix final au gardien, sans interprétation médicale.
Prescrire commence dès lors que le discours associe un produit à une maladie, à un symptôme ou à un trouble, qu’il oriente le choix dans une intention de soin, qu’il adapte l’usage à une situation individuelle ou qu’il interprète un effet comme thérapeutique.
👉 Dès que l’objectif devient de soigner, prévenir ou corriger un trouble, le cadre légal du champ non médical est dépassé.
Pourquoi cette règle est cruciale pour les professionnels
La majorité des poursuites liées au bien-être animal concernent :
des produits naturels mal présentés ;
des pages web trop explicites ;
des conseils personnalisés à visée curative.
Respecter la RÈGLE 5 permet :
d’éviter toute requalification juridique en médicament ;
de sécuriser durablement sa pratique ;
de protéger l’animal ;
de préserver son activité professionnelle.
Marina Dantas, Naturopathe Animalier




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