top of page
Rechercher

Fleurs de Bach avec alcool et animaux : pourquoi Kaninas refuse de banaliser ce risque

  • 2 juil.
  • 10 min de lecture

Dans le domaine du bien-être animal, de la naturopathie animale et des approches dites naturelles, il existe des pratiques qui sont parfois tellement répétées, tellement commercialisées et tellement intégrées dans certains discours qu’elles finissent par être considérées comme anodines, alors qu’elles devraient au contraire nous obliger à ralentir, à réfléchir et à nous demander si nous avons réellement le droit d’exposer un animal à une substance dont la toxicité est connue, documentée et reconnue en médecine vétérinaire.


L’alcool fait partie de ces sujets que l’on minimise trop souvent, notamment parce qu’il peut être présent en très petite quantité dans certaines préparations, parce qu’il est utilisé comme conservateur, parce qu’il existe dans des produits destinés aux humains, ou parce qu’on le retrouve dans certains supports complémentaires comme les Fleurs de Bach traditionnelles, mais le fait qu’un usage soit ancien, courant ou commercialisé ne suffit pas à le rendre automatiquement acceptable pour un animal.


Chez Kaninas, et en mon nom, Marina Dantas, je considère qu’un accompagnement animalier responsable ne peut pas reposer uniquement sur des habitudes, des croyances ou des phrases rassurantes comme “il n’y en a presque pas”, “tout le monde le fait” ou “c’est naturel”, car lorsqu’on parle d’un être vivant qui ne peut ni comprendre, ni choisir, ni consentir, notre responsabilité est de placer sa sécurité physiologique avant nos traditions, nos préférences et nos facilités d’utilisation.


fleur seule sur fond rouge

L’alcool est une substance toxique pour les animaux, même lorsque l’intention de départ semble bienveillante


L’éthanol, qui correspond à l’alcool éthylique, agit directement sur le système nerveux central, ce qui signifie qu’il peut modifier l’état de conscience, la coordination, la respiration, la température corporelle, l’équilibre métabolique et la capacité de l’animal à rester stable dans son organisme, avec des conséquences qui peuvent devenir graves, voire mortelles, selon la dose, la concentration, le poids de l’animal, son état de santé et la rapidité de prise en charge.


Le Merck Veterinary Manual, référence vétérinaire internationale, rappelle que l’intoxication alcoolique chez les animaux peut évoluer rapidement vers une incoordination, une acidose métabolique, une hypothermie, une dépression du système nerveux central, et que les cas sévères peuvent aller jusqu’aux convulsions, au coma ou à la mort, avec une prise en charge qui repose principalement sur le soutien vétérinaire, puisqu’il n’existe pas toujours d’antidote simple permettant d’annuler immédiatement les effets de l’alcool dans l’organisme.


Ce point est fondamental, parce qu’il rappelle que l’alcool n’est pas une simple “base de conservation” neutre dès lors qu’il entre dans le corps d’un animal, mais une substance biologiquement active, capable d’altérer des fonctions vitales, notamment chez des animaux plus petits, plus fragiles, âgés, malades, jeunes, ou déjà affaiblis par une situation de stress, de troubles digestifs, de douleurs ou de déséquilibre général.


Le pont avec les Fleurs de Bach alcoolisées : naturel ne veut pas dire sans risque


Les Fleurs de Bach sont souvent présentées comme des supports émotionnels doux, naturels et accessibles, mais il faut avoir l’honnêteté de rappeler que certaines formes liquides traditionnelles contiennent de l’alcool, notamment parce que l’alcool est utilisé comme conservateur dans de nombreuses préparations de ce type.


Certaines informations publiques autour de Rescue Remedy indiquent par exemple que les versions en gouttes ou en spray peuvent contenir de l’alcool, tandis que certaines gammes alternatives sont proposées avec de la glycérine plutôt qu’une base alcoolisée, ce qui montre bien que la question de l’alcool n’est pas imaginaire, puisqu’elle fait partie de la composition de certains produits et qu’elle justifie, a minima, une vigilance réelle lorsqu’on parle d’animaux.


Le problème, pour moi, n’est pas de dire que chaque utilisation entraîne automatiquement une intoxication grave, parce que ce serait scientifiquement malhonnête, mais de rappeler qu’en naturopathie animale, lorsque nous avons le choix entre un support alcoolisé et une alternative sans alcool, le principe de précaution devrait toujours nous conduire vers l’option la plus respectueuse et la moins risquée pour l’animal.


Un animal n’a pas demandé à recevoir une préparation alcoolisée, il ne peut pas lire l’étiquette, il ne peut pas dire qu’il refuse, il ne peut pas comprendre pourquoi on lui met une substance dans la gueule, dans l’eau ou sur une friandise, et c’est précisément parce qu’il dépend entièrement de notre jugement que nous devons nous interroger avec sérieux sur la légitimité de ce geste.


un chat sous une couverture

Ce qui me dérange : banaliser l’alcool sous prétexte que la dose serait faible


Ce qui me dérange profondément dans certains discours, ce n’est pas seulement l’existence de produits alcoolisés, c’est la manière dont on peut parfois les banaliser auprès des gardiens d’animaux, comme si une petite quantité ne méritait aucune réflexion, comme si le mot “naturel” effaçait le risque, ou comme si l’intention de bien faire suffisait à rendre une pratique éthique.


Pourtant, en toxicologie vétérinaire, l’évaluation d’un risque ne se résume jamais à une phrase rassurante, car elle dépend de la concentration du produit, de la quantité réellement ingérée, de la fréquence d’exposition, du poids de l’animal, de son espèce, de son état de santé, de son âge, de ses fragilités, de son métabolisme et parfois même de l’accumulation de plusieurs expositions qui passent inaperçues dans le quotidien.

Un chien de grande taille, un chien miniature, un chat âgé, un chat malade, un chiot, un animal dénutri ou un animal déjà fragile ne réagiront pas tous de la même manière, et c’est justement parce que nous ne pouvons pas tout maîtriser que la prudence doit rester la base.


Les risques possibles : du malaise au coma éthylique


Une intoxication alcoolique chez l’animal peut commencer par des signes qui semblent presque “banals”, comme des nausées, des vomissements, une salivation inhabituelle, un abattement, une fatigue soudaine, une démarche anormale, une désorientation, une perte d’équilibre ou un comportement qui donne l’impression que l’animal n’est plus vraiment lui-même.


Mais ce tableau peut évoluer rapidement vers des troubles beaucoup plus graves, notamment une hypoglycémie, une hypothermie, une dépression respiratoire, des tremblements, des convulsions, une perte de conscience, un coma éthylique ou le décès, et c’est précisément cette possibilité d’aggravation rapide qui rend toute exposition à l’alcool préoccupante chez un chien ou un chat.


Il faut aussi rappeler qu’en cas de vomissements, de troubles neurologiques ou de perte de vigilance, l’animal peut être exposé à un risque de fausse route ou de pneumonie d’aspiration, ce qui peut aggraver la situation et transformer une ingestion déjà dangereuse en urgence vitale nécessitant une prise en charge vétérinaire.


Lorsque l’alcool est associé à des substances irritantes ou à des préparations non adaptées, la question digestive ne doit pas non plus être négligée, car des nausées, des vomissements, une irritation de la bouche, de l’œsophage ou de l’estomac peuvent apparaître selon le produit, la concentration, la quantité ingérée et la sensibilité individuelle de l’animal, ce qui doit nous rappeler qu’un animal n’est pas un terrain d’expérimentation pour des pratiques approximatives.


Petrir la pate a pain

La pâte à pain fermentée montre bien que l’éthanol peut devenir dangereux dans le corps de l’animal


L’un des exemples les plus parlants pour comprendre la dangerosité de l’éthanol chez les animaux est celui de la pâte à pain crue, car lorsqu’un chien ou un chat ingère une pâte contenant de la levure, la fermentation peut continuer dans l’estomac, produire de l’éthanol et du dioxyde de carbone, et provoquer à la fois une intoxication alcoolique et une distension gastrique potentiellement grave.


Cet exemple est important parce qu’il montre que l’alcool n’a pas besoin d’être présenté sous forme de verre ou de bouteille pour devenir dangereux, puisque l’éthanol peut apparaître dans des contextes auxquels les gardiens ne pensent pas toujours, ce qui renforce encore la nécessité de ne pas banaliser les expositions dites “faibles” ou “indirectes”.


En naturopathie animale, le principe de précaution doit primer


Dans une approche sérieuse de la naturopathie animale, l’objectif n’est pas de reprendre mécaniquement des pratiques humaines et de les appliquer à l’animal sous prétexte qu’elles sont naturelles, anciennes ou populaires, car un chien, un chat, un cheval, un lapin ou tout autre animal possède un métabolisme, des sensibilités et des limites qui ne sont pas celles de l’humain.


Les ouvrages de toxicologie vétérinaire comme Small Animal Toxicology, dirigé par Michael E. Peterson et Patricia A. Talcott, rappellent l’importance de l’évaluation clinique des toxiques chez les petits animaux, de la reconnaissance des signes d’exposition et de la prise en charge d’urgence, tandis que Veterinary Toxicology: Basic and Clinical Principles, dirigé par Ramesh C. Gupta, pose les bases de la toxicologie vétérinaire en insistant sur les mécanismes, les organes cibles et les principes de gestion des intoxications.


Ces références ne sont pas là pour faire joli dans un article, elles rappellent surtout que la toxicologie est une discipline réelle, que l’organisme animal ne doit pas être traité à la légère, et qu’un professionnel du bien-être animal ne devrait jamais s’autoriser à minimiser une substance toxique simplement parce qu’elle est présente dans un produit vendu librement.

Chez Kaninas, je préfère donc tenir une ligne claire : lorsqu’une préparation destinée à un animal contient de l’alcool, la question ne devrait pas être “est-ce que certains le font ?”, mais plutôt “est-ce réellement nécessaire, est-ce sécuritaire, existe-t-il une alternative sans alcool, et est-ce que je respecte vraiment l’intégrité de l’animal en l’exposant à cela ?”.



un chien au repos

Le consentement animal doit être au centre de notre réflexion


L’animal ne peut pas consentir à l’ingestion d’une substance qui altère son système nerveux, son équilibre métabolique ou son état de conscience, et cette réalité devrait suffire à nous rendre plus exigeants dans toutes les pratiques que nous présentons comme étant au service de son bien-être.


Lorsque nous donnons une préparation à un animal, nous décidons à sa place, et cette position de pouvoir implique une responsabilité immense, car l’animal ne peut pas nous dire qu’il ne veut pas, qu’il se sent mal, que cela le brûle, que cela le gêne, que cela lui donne la nausée, que cela l’étourdit ou que son organisme ne le tolère pas.

Respecter le consentement animal, ce n’est pas seulement demander à un chien s’il veut être touché ou respecter le retrait d’un chat, c’est aussi refuser d’introduire dans son corps des substances qui peuvent le mettre en danger lorsqu’il existe un doute, une alternative ou une absence de nécessité réelle.


Pour moi, Marina Dantas, cette réflexion est centrale, parce que la naturopathie animale ne peut pas se prétendre respectueuse du vivant si elle oublie que l’animal n’est pas un support de croyance, un objet de pratique ou un prolongement de nos envies humaines, mais un être sensible qui mérite protection, prudence et respect.


un chien renifle fleur de bach

Fleurs de Bach alcoolisées : quelle posture responsable adopter ?


Face aux Fleurs de Bach contenant de l’alcool, une posture responsable ne consiste pas à hurler sans nuance que tout est automatiquement dramatique, mais elle ne consiste pas non plus à rassurer aveuglément les gardiens en leur disant que ce n’est rien, car la vérité professionnelle se situe dans une prudence claire, assumée et cohérente avec la sécurité animale.


La première chose à faire est de lire la composition du produit, de vérifier la présence éventuelle d’alcool, de refuser l’administration directe d’une préparation alcoolisée lorsque ce n’est pas nécessaire, de privilégier les alternatives sans alcool lorsque des supports existent, de demander un avis vétérinaire en cas de doute et de ne jamais utiliser ce type de produit comme réponse à une situation qui relève d’abord d’un diagnostic, d’une douleur, d’un trouble comportemental sévère ou d’une urgence médicale.


Il faut également rappeler qu’une préparation émotionnelle, même naturelle, ne doit jamais servir à masquer un problème réel, car un animal qui change brutalement de comportement, qui semble anxieux, qui s’isole, qui devient agressif, qui gémit, qui dort excessivement, qui ne mange plus ou qui présente des signes inhabituels doit d’abord bénéficier d’une évaluation vétérinaire lorsque cela est nécessaire.


Faire peur, parfois, c’est simplement remettre la réalité à sa place


Je sais que certains diront que ce discours est trop ferme, trop prudent ou trop dérangeant, mais parfois, faire peur n’est pas manipuler, c’est simplement rappeler que derrière une goutte, une habitude, une tradition ou un conseil répété sans réflexion, il peut y avoir un animal qui vomit, qui titube, qui perd conscience, qui convulse, qui fait une fausse route, qui part en détresse respiratoire, ou qui finit en urgence vétérinaire parce qu’on aura voulu minimiser un risque connu.


La peur n’a aucun intérêt lorsqu’elle sert à vendre, à dominer ou à culpabiliser, mais elle devient nécessaire lorsqu’elle remet de la conscience là où l’on a trop longtemps banalisé des pratiques qui touchent directement au corps d’un animal dépendant de nous.

Chez Kaninas, je préfère être jugée trop prudente que pas assez, parce qu’un animal ne peut pas revenir en arrière une fois qu’une intoxication grave est installée, et parce qu’aucune pratique de bien-être, aucune fleur, aucune tradition et aucun produit commercial ne mérite que l’on mette en danger son intégrité physiologique.


Un chat chez le vétérinaire

Que faire en cas d’ingestion d’un produit alcoolisé ?


Si un chien ou un chat a ingéré une boisson alcoolisée, une préparation contenant de l’alcool, une quantité inconnue de Fleurs de Bach alcoolisées, de la pâte à pain crue, un produit ménager, un cosmétique ou toute autre substance contenant de l’éthanol, il ne faut pas attendre que les symptômes apparaissent pour demander conseil.


Les recommandations vétérinaires sont claires : lorsqu’un animal est exposé à une forme d’alcool, il faut contacter rapidement un vétérinaire ou un service antipoison vétérinaire, car l’évaluation du risque dépend de nombreux paramètres et la fenêtre d’intervention peut être courte.


Il ne faut pas provoquer de vomissement sans avis vétérinaire, ne pas donner de remède maison, ne pas diluer au hasard, ne pas attendre la nuit en espérant que cela passe, et ne pas se rassurer uniquement parce que la quantité semble petite, car lorsqu’il s’agit d’un animal, surtout s’il est petit, fragile ou symptomatique, l’urgence doit toujours primer sur l’hésitation.


En cas d’urgence vétérinaire, ou si vous pensez que votre animal a ingéré une substance contenant de l’alcool, merci de contacter rapidement votre vétérinaire ou le 3115, le numéro national d’urgence vétérinaire.


Un verre d'alcool

Conclusion : la sécurité de l’animal doit passer avant les traditions et les habitudes


L’alcool est une substance toxique pour les animaux, et les données vétérinaires montrent qu’une intoxication peut entraîner des troubles digestifs, des nausées, des vomissements, une désorientation, une perte de coordination, une hypothermie, une hypoglycémie, une dépression respiratoire, des convulsions, un coma ou un décès, ce qui suffit à justifier une vigilance stricte dans toutes les pratiques de bien-être animal.


Le lien avec les Fleurs de Bach alcoolisées doit donc être posé honnêtement : certaines préparations contiennent de l’alcool, des alternatives sans alcool existent, et lorsqu’on accompagne des animaux, le principe de précaution devrait toujours conduire à choisir la solution la plus sécuritaire, la plus respectueuse et la moins intrusive possible.


Au nom de Kaninas, Marina Dantas, je refuse de banaliser l’administration d’alcool à un animal sous prétexte que la quantité serait faible, que la pratique serait connue ou que l’intention serait bonne, parce qu’un accompagnement vraiment respectueux du vivant ne se mesure pas à ce que l’on ose donner, mais à ce que l’on accepte de ne pas donner lorsque la sécurité, l’éthique et le consentement de l’animal sont en jeu.


La naturopathie animale, lorsqu’elle est exercée avec sérieux, ne doit jamais oublier que l’animal n’est pas là pour recevoir nos habitudes humaines, nos croyances ou nos approximations, mais pour être protégé, respecté et accompagné avec prudence, lucidité et responsabilité.



Marina Dantas, une naturopathe animalière passionnée

Commentaires


bottom of page