Règle 6, Sensibilité animale et limites juridiques
- Marina DANTAS
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture

Bien-être, reconnaissance légale… et ce que cela n’autorise pas
Cet article présente la vision et le cadre de travail développés par Kaninas.
Ils reflètent une approche professionnelle spécifique et ne constituent ni une norme officielle, ni un cadre universel applicable à toutes les pratiques.
Sensibilité animale : une reconnaissance juridique souvent mal comprise
La RÈGLE 6 est fréquemment mal interprétée, car elle repose sur une idée juste mais régulièrement détournée :
👉 L’animal est juridiquement reconnu comme un être vivant doué de sensibilité.
Cette reconnaissance constitue une avancée majeure pour le bien-être animal.
Cependant, elle n’élargit en aucun cas le champ d’intervention des professionnels non vétérinaires.
C’est précisément cette confusion qui est à l’origine de nombreuses dérives actuelles.
Principe juridique fondamental
En droit français, l’animal est reconnu comme :
un être vivant doué de sensibilité
Cette reconnaissance vise notamment à :
renforcer la protection juridique de l’animal ;
encadrer les obligations du détenteur ;
lutter contre la maltraitance ;
améliorer les conditions de vie et de détention.
👉 Elle ne crée aucun droit à soigner, diagnostiquer ou traiter un animal.

Ce que la sensibilité animale n’autorise pas
Contrairement à certaines idées reçues, la reconnaissance de la sensibilité animale :
ne permet pas d’intervenir médicalement hors du cadre vétérinaire ;
ne légitime pas des pratiques thérapeutiques alternatives ;
ne justifie aucune substitution aux soins vétérinaires ;
ne crée aucun « vide juridique » exploitable.
👉 La sensibilité animale n’est pas une autorisation d’action médicale.
La dérive la plus fréquente : l’argument émotionnel
De nombreuses communications s’appuient sur des notions telles que :
« écouter ce que l’animal exprime » ;
« respecter le choix de l’animal » ;
« accompagner la conscience ou l’intelligence émotionnelle de l’animal ».
Ces notions peuvent avoir une valeur relationnelle, éthique ou philosophique.
En revanche, elles n’ont aucune valeur juridique lorsqu’elles sont utilisées pour justifier :
un refus ou un retard de soins vétérinaires ;
une prise en charge alternative ;
une orientation thérapeutique non médicale.
👉 Le droit ne reconnaît pas le “choix thérapeutique de l’animal”.
Ce que le bien-être animal permet réellement
Dans un cadre strictement non médical, la notion de bien-être animal permet :
d’améliorer l’environnement de vie de l’animal ;
d’agir sur le confort, la routine et le rythme quotidien ;
de favoriser une qualité de vie globale ;
d’accompagner le gardien dans sa compréhension de l’animal ;
d’encourager une relation respectueuse et responsable.
Ces actions sont complémentaires, jamais substitutives à la médecine vétérinaire.
La limite juridique absolue
Même face à un animal sensible, stressé, douloureux ou en difficulté :
le diagnostic reste vétérinaire ;
la décision médicale reste vétérinaire ;
la responsabilité sanitaire reste vétérinaire.
👉 Toute tentative de décision thérapeutique hors de ce cadre engage directement la responsabilité du professionnel.
Pourquoi cette règle est essentielle pour la crédibilité du secteur
La reconnaissance de la sensibilité animale est une avancée éthique.
Elle ne doit jamais devenir un argument marketing ou thérapeutique.
La RÈGLE 6 permet de :
éviter les dérives pseudo-thérapeutiques ;
protéger l’animal contre les retards ou refus de soins ;
sécuriser juridiquement les professionnels ;
maintenir une frontière claire entre bien-être et médecine vétérinaire.
👉 Respecter cette règle, c’est défendre une pratique responsable, crédible et durable.
Marina Dantas, Naturopathe Animalier




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