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Comparer l’amour d’un enfant et l’amour d’un animal : pourquoi ce débat me dérange profondément ?

  • il y a 7 jours
  • 5 min de lecture
Marina Dantas, son fils et ses chiens loups

Je trouve les comparatifs entre enfant et animal profondément dérangeants.

Et je le dis à la fois en tant que maman, mais aussi en tant que gardienne d’animaux. Pour moi, il n’y a pas de compétition à créer entre ces deux formes d’amour, parce qu’elles ne se vivent pas de la même manière, ne se construisent pas de la même façon et ne répondent pas aux mêmes interactions.


Nous parlons de vivant. Nous parlons de liens. Nous parlons d’attachement, de présence, de responsabilité, d’émotions et de sentiments réels.


Alors non, aimer son animal ne veut pas dire le comparer à un enfant. Et aimer son enfant n’enlève absolument rien à l’amour que l’on peut porter à son animal.

Ce sont deux liens différents, mais cela ne veut pas dire que l’un est faux, inférieur ou illégitime.


teckel ensemble

Pourquoi je refuse les comparatifs entre enfant et animal ?


Quand on demande à quelqu’un s’il aime son animal “comme son enfant”, on crée une comparaison qui, à mon sens, n’a pas lieu d’être.

Un enfant reste un enfant. Il grandit, il parle, il questionne, il construit son identité, il s’inscrit dans une filiation, dans une histoire familiale, dans une éducation humaine et sociale.

Un animal, lui, vit le lien autrement. Il ne verbalise pas comme nous, il ne comprend pas le monde avec nos codes humains, il ne se projette pas de la même manière. Il interagit avec nous à travers son corps, ses sens, ses habitudes, son environnement, son rythme, ses émotions et sa manière propre d’entrer en relation. Ce n’est pas moins fort, c’est différent.

Et c’est justement parce que c’est différent qu’il ne faut pas tout mélanger.


Les interactions ne sont pas les mêmes


Avec un enfant, l’échange passe beaucoup par la parole, le regard, l’éducation, la transmission, les explications, les limites, la projection vers l’avenir et la construction progressive de son autonomie.

Avec un animal, l’échange passe davantage par l’observation, les postures, les odeurs, les sons, les routines, les micro-signaux, la présence corporelle, les habitudes du quotidien et la cohérence de l’environnement.

Un chien ou un chat ne nous aime pas avec des mots, mais il peut nous reconnaître, nous chercher, nous attendre, s’apaiser auprès de nous, modifier son comportement selon notre état émotionnel, être sensible à notre voix, à notre gestuelle, à notre énergie, à nos rituels.

Ce lien n’a pas besoin d’être comparé à celui d’un enfant pour être reconnu.

Il existe par lui-même.


un enfant avec un chat dans les bras

Le lien humain-animal passe énormément par les sens


Chez l’animal, le lien se construit beaucoup par les sens.

L’odeur est centrale. Un chien ou un chat reconnaît son gardien par son odeur, par les odeurs de la maison, par les vêtements, par les objets du quotidien, par les lieux familiers. Là où l’humain va souvent chercher des mots, l’animal lit déjà une multitude d’informations à travers son environnement sensoriel.


La voix compte aussi énormément. Le ton, le rythme, l’intensité, la douceur ou la tension d’une voix peuvent influencer l’état émotionnel d’un animal. Il ne comprend pas toujours les phrases comme nous les pensons, mais il perçoit l’intention, l’ambiance, la répétition, la cohérence ou l’incohérence.


Le toucher joue aussi un rôle important, quand il est respectueux. Certains animaux recherchent le contact, d’autres ont besoin de distance. Certains s’apaisent dans la proximité, d’autres préfèrent simplement partager le même espace sans être manipulés. Là encore, le lien ne se mesure pas à l’intensité humaine que l’on voudrait imposer, mais à la qualité de l’échange réel.


une femme enceinte à la plage

Il existe des similitudes, mais pas une équivalence


Oui, il existe des similitudes entre le lien que l’on peut ressentir avec un enfant et celui que l’on peut ressentir avec un animal.

Dans les deux cas, il peut y avoir de l’attachement, de l’inquiétude, de la tendresse, de la protection, de la responsabilité, de la joie, de la peur de perdre, et parfois même une douleur immense quand l’être aimé souffre ou disparaît.

Dans les deux cas, le lien peut toucher profondément le corps et les émotions.

Notre système hormonal peut réagir à la présence d’un être auquel nous sommes attachés. Le contact, le regard, les routines rassurantes, la proximité, le sentiment de sécurité et la relation affective peuvent favoriser des sensations d’apaisement, de douceur, de confiance et d’attachement.

Mais reconnaître ces similitudes ne veut pas dire que l’on doit tout comparer.

On peut comprendre que le lien humain-animal soit profond, puissant et réel, sans le mettre face au lien parent-enfant.


un enfant avec un chien en laisse

L’amour ne fonctionne pas comme une hiérarchie


Je crois profondément que l’amour ne devrait pas être présenté comme une échelle où il faudrait toujours classer, mesurer ou opposer.

On peut aimer son enfant d’un amour immense, unique, viscéral, fondateur.

Et on peut aussi aimer son animal d’un amour profond, sincère, quotidien, bouleversant.

Ces deux réalités peuvent coexister sans se voler quoi que ce soit.

Aimer un animal ne diminue pas l’amour parental. Aimer un enfant ne rend pas l’amour porté à un animal secondaire ou ridicule.

Ce sont deux places différentes dans une vie, deux formes de lien, deux manières d’être touché par le vivant.


Pourquoi ce sujet peut blesser


Ce genre de questionnement peut mettre mal à l’aise beaucoup de parents, parce qu’ils peuvent avoir l’impression que l’on banalise ou que l’on compare leur enfant à un animal.

Mais il peut aussi blesser beaucoup de gardiens d’animaux, parce qu’ils peuvent avoir l’impression que leur amour est jugé, minimisé ou moqué.

Certaines personnes n’ont pas d’enfant. Certaines vivent avec leur animal un lien quotidien extrêmement fort. Certaines ont traversé des deuils animaux très douloureux. Certaines ont été sauvées émotionnellement par la présence d’un chien ou d’un chat à un moment de leur vie.


On ne sait jamais ce qu’un lien représente pour quelqu’un. C’est pour cela que je pense qu’il faut sortir de ces comparaisons simplistes.

une enfant avec un chat et sa famille

En 2026, l’animal doit être reconnu pour ce qu’il est


En 2026, je pense que ce genre de débat ne devrait plus exister sous cette forme.

L’animal n’a pas besoin d’être appelé “enfant” pour être respecté. Il n’a pas besoin d’être humanisé pour être aimé. Il n’a pas besoin d’être mis dans une case humaine pour avoir une vraie place dans une famille.


L’animal est un membre de la famille à part entière, mais il reste un animal, avec ses besoins, ses codes, son langage, sa sensibilité, son mode de communication et sa réalité propre.

Et c’est justement en respectant cette différence que l’on construit un lien plus juste.

Pour moi, aimer un animal, ce n’est pas le transformer en enfant. C’est reconnaître sa place, son individualité, son monde sensoriel, ses besoins et sa manière d’exister auprès de nous.


Conclusion


Je refuse les comparatifs entre enfant et animal parce qu’ils enferment deux liens profonds dans une opposition inutile.


Je suis maman. Je suis gardienne d’animaux. Et je sais que ces liens ne sont pas identiques.

Mais je sais aussi qu’ils sont réels. Les interactions sont différentes. Les échanges sont différents. Les responsabilités sont différentes. Les ressentis sont différents.

Pourtant, dans les deux cas, nous parlons d’attachement, de présence, d’émotions, de protection et de vivant.


Alors au lieu de comparer, je préfère reconnaître :


  • Reconnaître que l’amour d’un enfant est unique.

  • Reconnaître que le lien avec un animal peut être profond, sincère et légitime.

  • Reconnaître que l’on peut aimer différemment, sans avoir besoin de hiérarchiser.


Parce qu’au fond, ce n’est pas une question de comparaison. C’est une question de respect du vivant.


Marina Dantas, Naturopahe animalière passionnée

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